|
Le test est positif : vite, on se précipite sur le calendrier ou les bouquins spécialisés ... Comment va-t'on appeler notre petit bout ?
Pendant neuf mois, avec le futur papa, on va faire des listes, imaginer la tête de ce bébé pour lui choisir un prénom. On essaiera de ne pas trop subir les influences familiales, les conseils et suggestions des amis. On gardera jalousement secret jusqu'à la naissance le prénom choisi. Beaucoup de bruit pour rien ... Et si finalement notre choix était plus conventionnel qu'on ne pensait ?
Aujourd'hui, côté prénoms, plus rien ne nous surprend ! Tout est possible. Tout est - quasiment - permis. Les sources d'inspiration sont sans fin: géographiques, religieuses, ethniques, etc. Et si l'étude du calendrier, la lecture des derniers romans à la mode, des magazines people les plus en vue ou des séries télé ne donnent pas la moindre idée de prénom original, ce n'est pas grave.
Sans scrupules, on invente, on crée, on imagine. En tentant par exemple de savants mélanges: Isalis pour Isabelle et Lise, Garlone pour Gabriel et Léone, ou encore Méloé pour Mélanie et Chloé. Autrefois, la législation en vigueur était beaucoup plus restrictive et autorisait moins de fantaisie. Seuls les différents calendriers de langue française et les personnages connus de la Bible et de l'antiquité gréco-romaine servaient de vivier. « Ceci pour éviter l'attribution de prénoms fantaisistes, parfois ridicules. Aujourd'hui, les règles se sont considérablement assouplies. La déferlante de prénoms nouveaux ou ressortis de temps plus anciens s'est accompagnée d'une certaine surenchère. Et l'originalité laisse parfois la place à une excentricité qui n'est pas forcément de bon aloi: trois frères prénommés D'Artagnan, Porthos et Athos... Pourtant, la loi impose encore certaines restrictions. On ne peut par exemple appeler son bébé Barbecue ou encore Barbe-Bleu! Il est obligatoire de respecter l'intérêt de l'enfant. Exit donc les prénoms à consonance ridicule, péjorative, grossière ou faisant références à un personnage historique déconsidéré. Si l'officier d'état civil estime que le prénom n'est pas acceptable, il doit aviser le procureur de la République, lequel saisit le juge aux affaires familiales. Si le prénom est refusé, les parents doivent alors en choisir un autre, faute de quoi c'est le juge qui attribuera un prénom définitif. Phénomène de mode Mais contrairement aux apparences, et un coup d'oeil aux carnets mondains des quotidiens suffit pour s'en persuader, les parents avant-gardistes ne sont pas la généralité. Derrière les excentriques, une majorité opte pour des prénoms plus classiques ou simplement plus usuels. Effet de mode oblige ... notre charmant bambin se retrouve alors prénommé comme quatre gamins de sa crèche! Ainsi, aux Nathalie et Valérie des années 70 font écho les Manon et Lucas du troisième millénaire. Difficile d'échapper à la tendance, à l'air du temps ... Nous avons le sentiment que le choix d'un prénom, parfois cornélien, obéit à des ressorts intimes liés à notre histoire et notre personnalité. Pourtant, à peine avons-nous décidé d'appeler notre fils Théo ou notre fille Léa que nous découvrons avec stupéfaction, voire horreur, que ces deux prénoms figurent dans le top ten de tous les guides. La tendance a frappé, à l'insu de notre plein gré. Et depuis quinze ans, il y a eu la vague des anglo-phones avec les Alison, Megan, Jordan, la période celte ou irlandaise avec les Brenda, Olwen, Kilian. Puis est venu le temps du rétro - Joséphine, Ophélie, Cyprien -, des sources bibliques - Maya, Salomé, Zacharie-, ou encore médiévales - Iseult, Pétronille, Aymeric. Ces mouvements de masse ont toujours existé. Chaque décennie a eu ses grands succès, avec, au siècle dernier, le règne des Jean, Jeanne et Simone pour les années 20, ou celui des Sylvie et Philippe pour les années 60. Le phénomène de mode est toutefois beaucoup plus marqué aujourd'hui. Pour plusieurs raisons: même si le prénom avait hier autant d'importance pour ceux qui le choisissaient et ceux qui le portaient, il était moins cité, moins usité qu'à l'heure actuelle. A l'école, les élèves étaient appelés par leur nom de famille, et dans la vie privée et professionnelle, le "Madame ou Monsieur Untel" était plus souvent de mise. Le prénom était donc réservé à l'entourage proche, plus confidentiel qu'aujourd'hui, moins présent dans l'inconscient collectif. L’art du compromis Et puis, autrefois, il n'y avait pas l'embarras du choix: le prénom se transmettait de père en fils (pour les aînés en tout cas). Il y avait ainsi des lignées de Jean, Pierre ou André ... Cette tradition, contrairement aux Etats-Unis où foisonnent encore les Junior l, Il et III, a quasiment disparu en France, sauf dans certaines grandes familles aristocratiques. Quand certains s'offrent, sur le dos de leurs enfants, un moment de franche rigolade, d'autres négocient la question à grand renfort de diplomatie. Pour les couples mixtes, le choix du prénom constitue un moment délicat, voire hautement politique. Le tour de force étant de trouver un prénom facile à prononcer dans une autre langue, symbole de l'appartenance religieuse de chacun, ou qui soit de consonance étrangère sans être trop connoté. L’art du compromis, en quelque sorte. Les parents optent alors pour des juxtapositions, comme Camille-Lila chez ce couple franco-algérien ou Louis-Angélo pour ces franco-italiens. Certains prénoms sont désormais quasiment estampillés "couples mixtes" : Ambre, Inès ou Rayane, des sonorités franco-arabes qui ont le vent en poupe, au même titre que Leila ou Yanis. Les livres des prénoms
Pour en savoir plus sur les prénoms, cliquez ici |