|
 Depuis l'arrivée de la légende de Saint Nicolas aux Etats-Unis, l'idée de Noël se développe dans l'esprit des écrivains et dessinateurs ... C'est aux États-Unis que s'est effectuée la mutation du bon vieux saint Nicolas, importé par les Hollandais vers le Père Noël (Santa Claus) de notre enfance. On retrouve dans la représentation du Père Noël tout ce qui faisait la symbolique du personnage de Saint Nicolas ...
La longue barbe blanche, la mitre qui est devenu un bonnet de fourrure, le grand manteau rouge. Il voyage dans un traîneau tiré par des rênes, Saint Nicolas voyageait sur le dos d'un âne. Le Père Noël est donc une version américanisée du Saint Nicolas européen. 
Au XVIe siècle, la fête de Saint Nicolas fut abolie dans certains pays européens. À la Réforme, les protestants luthériens, qui rejettent le rôle patronal des saints, remplacent saint Nicolas par l'enfant Jésus (le Christkindl allemand). C'est au Pays-Bas que saint Nicolas se transforme en un personnage semi-laïc, Sinter Klaas. Au début du XVIIe siècle, des Hollandais émigrèrent aux États-Unis et fondèrent une colonie appelée "Nieuw Amsterdam" (en néerlandais) qui, en 1664, devint New York. En quelques décennies, cette coutume néerlandaise de fêter la Saint-Nicolas se répandit aux États-Unis. Pour les Américains, Sinter Klaas devint rapidement Santa Claus.Il subit des transformations vestimentaires et culturelles pour se transformer en un Père Noël plus convivial. 
La société chrétienne trouva plus approprié que cette "fête des enfants" soit davantage rapprochée de celle de l'enfant Jésus. Ainsi, dans les familles chrétiennes, saint Nicolas fit désormais sa tournée la nuit du 24 décembre. Étrangement, au Canada, les francophones catholiques utiliseront longtemps ce personnage de l'enfant Jésus, alors que Santa Claus se chargera de distribuer des cadeaux aux petits anglophones. De même, bien avant la popularisation du père Noël, les catholiques français attribuaient au Petit Jésus les cadeaux de la nuit de Noël. Au XVIIIe siècle, les souverains allemands entament un processus de laïcisation, ils remplacent les figures chrétiennes par d'anciens symboles germaniques. C'est le retour du petit peuple des fées, des elfes et du vieil homme de Noël (Weihnachtsmann) qui distribue en traîneau des sapins décoré de cadeaux.
En 1809, l'écrivain Washington Irving parle, pour la première fois, d'un saint Nicolas qui se déplacerait dans le ciel, à cheval, pour distribuer plus rapidement ses cadeaux
En 1821, un pasteur américain, Clément Clarke Moore écrivit un charmant conte de Noël « A Visit from St Nicholas » pour ses enfants dans lequel un personnage sympathique apparaît, le Père Noël, lutin sympathique, fumant la pipe, dodu et souriant, il distribue les cadeaux en se déplaçant sur un traîneau tiré par huit rennes. Il le fit dodu, jovial et souriant, remplaça la mitre du Saint Nicolas par un bonnet, sa crosse par un sucre d'orge et le débarrassa du Père Fouettard. L'âne fut remplacé par 8 rennes fringuants. Leurs noms sont : Dasher, Dancer, Prancer, Vixen, Comet, Cupid, Dunder et Blixen... en plus du petit renne au nez rouge, Rudolphe, bien sûr ! Pour la petite histoire, le petit renne au nez rouge est apparu en 1939, dans un conte. Son nez aurait permis au Père Noël d'effectuer sa tournée malgré l'épais brouillard.
Ce conte a joué un rôle important dans l'élaboration du mythe actuel. Publié pour la première fois dans le journal Sentinel de New York le 23 décembre 1823, il fut repris les années suivantes par plusieurs quotidiens américains, puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier. Le Père Noël prenait forme lentement. C'est à la presse américaine que revient le mérite d'avoir réuni en un seul et même être les diverses personnifications dispensatrices de cadeaux. Extrait : "It was the night before Christmas, when all through the house, not a creature was stirring, not even a mouse. The stockings were hung by the chimney with care, in hopes that St. Nicholas soon would be there." C'est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint Nicolas à celle de Noël se fixe en Angleterre, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël ».
Deux siècles après avoir mis le pied sur le sol américain, saint Nicolas subit une autre transformation décisive aux mains d'un dessinateur et caricaturiste très connu (spécialisé dans la satire politique), Thomas Nast. illustrateur et caricaturiste au journal new-yorkais Harper's Illustrated Weekly, Cet artiste, originaire de Bavière, dessina en 1860 une sorte de troll de petite taille revêtu d'une tunique rouge, garnie de fourrure blanche et rehaussé d'un large ceinturon de cuir, très différent en fait du grand saint austère des pays d'Europe du Nord. Pendant près de 30 ans, Nast illustra au moyen de centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus connu chez les francophones comme étant le père Noël. Grâce à la popularité de ses dessins, le caricaturiste continuera, à chaque période des fêtes, de représenter ce personnage, devenu sympathique et rubicond, en fait plus accessible. En 1885, Nast établissait la résidence officielle du père Noël au pôle Nord au moyen d'un dessin illustrant deux enfants regardant, sur une carte de monde, le tracé de son parcours depuis le pôle Nord jusqu'aux États-Unis. L'année suivante, l'écrivain américain George P. Webster reprenait cette idée et précisait que sa manufacture de jouets et "sa demeure, pendant les longs mois d'été, est cachée dans la glace et la neige du pôle Nord". En 1931, Santa Claus prit une nouvelle allure dans une image publicitaire, diffusée par la compagnie Coca-Cola. Le dessinateur Haddon Sundblom donna au personnage un ventre rebondi, un air jovial, son costume rouge (couleur fétiche de la société, alors que la couleur originelle du Père Noël était le vert) et une attitude débonnaire. La longue robe rouge a été remplacée par un pantalon et une tunique. Ceci est plus marqué aux Etats Unis, car en France, le père Noël a conservé une longue robe rouge. Coca Cola souhaitait ainsi inciter les consommateurs à boire du Coca Cola en plein hiver. Ainsi, pendant près de 35 ans, Coca-Cola diffusa ce portrait du père Noël dans la presse écrite et, ensuite, à la télévision partout dans le monde. Le Père Noël était né !
En France, les catholiques, qui depuis longtemps s'échangeaient des petits cadeaux le soir de Noël en l'honneur de la naissance du Christ, résisteront longtemps au « père Noël », patronyme qui désignera le personnage popularisé en France par les Américains à la fin de la 2e Guerre Mondiale. Aujourd'hui Santa Claus est également utilisé le 25 décembre, dans des pays n'ayant pas de tradition chrétienne, tels que la Chine, comme outil de vente et comme occasion de faire des cadeaux, de décorer la ville et de réunir la famille.
Noël n'est plus seulement la fête de la nativité, c'est aussi la fête des enfants, incarnée par ce personnage généreux de sa personne et de ses cadeaux. Son expression varie cependant grandement selon les régions du monde, bien que dans l'ensemble ce soit partout une fête de la famille accompagnée de réjouissances et de festins. Selon les cultures, Noël revêtira un caractère plus ou moins religieux.
Quelques coutumes
Le Père Noël est appelé " Chalande " en Savoie, " Père janvier " en Bourgogne et dans le Nivernais, " Olentzaro " dans le pays basque ou encore " Barbassionné " en Normandie. En Belgique, le 6 décembre, on fête saint Nicolas, pour qui on met ses pantoufles près de la cheminée. On prévoit parfois aussi des carottes pour son âne. En Italie, on retrouve une sorte de pendant féminin du Père Noël, la Béfana. On dit : « La Béfana vient la nuit, avec les chaussures toutes déchirées. » C'est un personnage moins rassurant que celui du Père Noël, mais qui est fondamentalement bon et généreux, puisqu'il apporte gâteaux et jouets aux enfants dans la nuit du 6 janvier. En Grèce, les cadeaux sont donnés au jour de l'An, que les Grecs appellent la Saint-Basile. Ce n'est pas le Père Noël qui les apporte, mais saint Basile lui-même. Aux États-Unis et au Canada, alors que les enfants européens placent leurs souliers près de la cheminée, les petits Nord-Américains suspendent une chaussette pour que le Père Noël puisse y déposer des cadeaux. C’est un écrivain américain du XIXe siècle qui, le premier, fait mention du « bas de Noël » dans un de ses récits. En Australie, on ne fête pas le réveillon du 24 décembre. C'est le 25 au matin que les enfants déballent leurs cadeaux. C'est d'ailleurs le cas dans la plupart des pays de culture anglo-saxonne. En Russie, on retrouve Sniegourotshka (snieg signifie neige en russe), petite fille de l'homologue russe du Père Noël. Elle accompagne celui-ci dans ses déplacements. En Corée du Sud, le 25 décembre est un jour férié pour l’ensemble de la population. Même dans les familles bouddhistes, les enfants reçoivent des cadeaux et tout le monde connaît Santa Claus, très présent dans la publicité. Les Japonais appellent le Père Noël « Santa Kuroshu ». En Autriche, on fête saint Nicolas ou le petit Jésus (Christkindl) En Russie, c'est le Père Hiver En Scandinavie, un gnome devenu souriant, Jultomte, qui ressemble aux lutins de Bretagne. En Suisse ou en Franche-Comté, plus sorcières que fées, la Chauche-Vieille ou la tante Arié. En savoir plus : |