Attention au coup de chaleur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Tétine   

On se méfie beaucoup moins du coup de chaleur que du coup de soleil. Et pourtant, il a sa part de responsabilité dans la déshydratation des petits.
Par beau temps comme sous un ciel couvert.

Le point avec Tétine&Doudou

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Le coup de chaleur n’est pas un banal coup de soleil aggravé

Le coup de soleil est une brûlure de la peau occasionnée par les rayons ultraviolets du soleil. Le coup de chaleur est une élévation de la température dans les centres nerveux par débordement de notre thermostat intime. Un enfant peut l'attraper partout: dans une voiture transformée en étuve ou, à l'inverse, lorsqu'elle est climatisée et qu'on le sort dans la fournaise de l'aire de repos. Il peut aussi en souffrir à l'intérieur d'une maison, dans un landau trop fermé, capote relevée, confiné dans un porte-bébé sur le dos d'un de ses parents, dans une chambre sous les combles, pendant la sieste sous une tente ... Ou même à l'ombre d'un parasol ou d'un arbre, lorsque l'air est étouffant et brûlant ... Pire, même protégé par un tee-shirt, une casquette à visière avec protège-nuque, portant des lunettes de soleil filtrantes et badigeonné de crème SPF 50, l'enfant n'aura sans doute pas de coup de soleil, mais il pourra souffrir d'un coup de chaleur. En revanche, s'il cumule coup de soleil et coup de chaleur, c'est l'insolation, souvent consécutive à un effort physique intense.
Elle se manifeste par des éblouissements, des vertiges, des maux de tête, des nausées ... Elle n'est pas rare chez le petit enfant qui est sans cesse en mouvement.
 
Le coup de chaleur peut survenir à tout moment

Bien sûr, la canicule  (que l'on définit, en gros, par un niveau de température très élevé le jour (plus de 35°C), qui ne baisse pas en dessous de 20° la nuit, et qui dure plusieurs jours voire semaines ) est à haut risque de coup de chaleur et de déshydratation.
Mais pas seulement !
Dès que la température extérieure est estivale (soit plus de 26°C), que la durée d'exposition à la chaleur est prolongée, surtout dans un lieu confiné, non ventilé, ou sur une surface réverbérante comme le sable, l'eau ou le béton, ou simplement que l'enfant est trop couvert et qu'il ne boit pas suffisamment, il risque le coup de chaleur.
   
Les manifestations

Il se manifeste d'abord par une forte fièvre (40°C) ou hyperthermie, car l'enfant n'arrive plus à réguler sa température. Le deuxième symptôme est la déshydratation et le troisième, la somnolence, avec parfois des nausées ou des vomissements, voire une perte de conscience.

Dans ce cas le bébé est toujours déshydraté
Même avant qu'il n'ait un vrai coup de chaleur !
Mais à plus forte raison, dans ce cas, il faut réagir très vite pour éviter que la déshydratation ne s'installe et ne nécessite la mise sous perfusion à l'hôpital.
La solution: le faire boire abondamment, de l'eau pure, pas additionnée de sirop, et pas de jus de fruit car on risquerait de déséquilibrer sa glycémie. D'ailleurs, c'est la règle dès qu'un bébé ou un petit enfant transpire. Les solutés de réhydratation sont surtout recommandés en cas de déshydratation par diarrhée.

L’âge du risque

Le coup de chaleur peut frapper à tous les âges. Reste qu'un bébé est effectivement plus vulnérable, car les mécanismes de régulation de sa température intérieure ne sont pas au point. Sa température monte donc très rapidement. Comme jusqu'à un an environ, la proportion en eau de son corps est de 75 à 80 % quand elle est de 60 % chez un adulte, en trois ou quatre heures, ses réserves en eau s'évaporent particulièrement vite. D'où le risque de déshydratation aiguë par perte de plus de 10 % du poids.
C'est grave, car l'eau est primordiale pour assurer le bon fonctionnement des organes, et notamment du cerveau. Quant au petit enfant, il bouge sans cesse, transpire plus. Lui aussi se déshydrate vite.
 
Le choc thermique

La température du corps, exposé à la chaleur, augmente toujours un peu, mais beaucoup plus celle du jeune enfant.
Pour éliminer cet excès de chaleur, ses vaisseaux sanguins se dilatent. Lorsque le tout-petit se plonge dans l'eau, ses vaisseaux se contractent brutalement pour récupérer de la chaleur: c'est ce refroidissement brutal qui provoque le choc. L’enfant devient bleu, il claque des dents ... A l'extrême, c'est l'hydrocution, une syncope réflexe par blocage de la circulation cérébrale, accident rare, heureusement.
Le plus souvent, la conséquence de ce coup de froid sur ce coup de chaud est, plusieurs heures après, une otite, une bronchite ou une angine ...
Pour le prévenir : ne pas trop exposer l'enfant à la chaleur, bien sûr, et commencer par le faire barboter au bord de l'eau avant la franche baignade!
    
Que faire ?

Surtout pas ne rien faire avant l’arrivée des secours.
Il faut réagir avant que l'hyperthermie ne s'accompagne d'une franche déshydratation: on allonge l'enfant, déshabillé, à l'ombre, au frais, pieds légèrement surélevés.
Pour le rafraîchir, poser un linge humide et frais sur son front, voire le baigner dans une eau tiède (dans une baignoire, mais pas dans la mer !). Et bien sûr, le faire abondamment boire, par petites quantités.
On peut lui donner du paracétamol, à la dose adaptée à son poids.
En homéopathie : Belladona en 15 CH, à raison de 5 granules toutes les heures. Aux bébés de moins d'un an, on donne, deux ou trois fois par jour, 10 granules dans un peu d'eau
Aux premiers signes de somnolence, pas d'hésitation: c'est direction l'hôpital, enveloppé dans un drap de bain mouillé, ou l'appel du 15.

Prévenir le coup de chaleur
    
Pour le prévenir, il faut - c'est une évidence - de la fraîcheur, mais aussi de l'air, de l'eau, des vêtements adaptés et surveiller le temps passé en pleine chaleur.
La bonne stratégie en voyage: garniture des vitres de la voiture de pare-soleil et stationnement à l'ombre, aération (ou climatisation).
Sur le lieu du séjour, on adopte le rite estival des pays du Sud: on ferme volets et fenêtres dès le matin, et on fait de légers courants d'air, par exemple avec un ventilateur.
On habille très légèrement les enfants (mais toujours assez pour leur éviter les coups de soleil !) avec des vêtements en coton, amples, qui laissent circuler l'air et ne leur collent pas à la peau.
On leur met la tête "au frais", sous une casquette avec protège-nuque ou un chapeau à larges bords.
Ensuite, on évite de les sortir aux heures les plus chaudes (entre 12 et 16 heures), de les laisser immobiles trop longtemps, et à l'inverse, en mouvement perpétuel en plein cagnard.
Et on lève souvent le pouce.
Pour les pauses boisson, goûter, sieste,  à l'intérieur, au frais et à l'ombre.

Image  Tout sur les vacances avec Bébé
 
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