A quoi rêvent les enfants ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Tétine   

Vers l'âge de 2 ans, peurs, cauchemars et terreurs nocturnes perturbent épisodiquement le sommeil des enfants. Pas de panique, ces frayeurs sont un passage obligé pour faire un pas vers l'autonomie.

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Un cri dans la nuit:« môôôôman ! ».
Quasi hagarde, les cheveux en bataille, nous voilà sur le pied de guerre: notre tout-petit a fait un « mauvais rêve ». Comme hier. Et comme avant-hier ...
Ça va durer longtemps, ces cauchemars ?
Après la peine qu'on a eue à lui apprendre à dormir d'une traite, ce recul soudain est assez déstabilisant, surtout quand on travaille et qu'il faut se lever tôt le matin.
Alors, que se passe-t-il ? Rien que de plus normal.
 Autour de 8-10 mois, puis entre 3 et 6 ans, le tout-petit peut avoir des terreurs nocturnes. Vers l'âge de 18 mois, ce sont les vrais cauchemars qui font leur apparition et qui peuvent durer jusqu'à 6 ans, puis réapparaître de manière passagère vers l'âge de 10 ans.
Ces étapes, un peu difficiles pour le repos de tous, sont tout à fait normales mais nécessitent un peu de doigté.

Les terreurs nocturnes
 
Elles apparaissent généralement au cours des trois premières heures de la nuit. Notre petit dormeur s'assied dans son lit et pousse des hurlements à nous glacer sang. Les yeux grands ouverts, hébété, il ne reconnaît personne, même pas nous. Il se débat, transpire ... puis, se recouche et s'endort paisiblement.
Les terreurs nocturnes s'expliquent par une trop grande intensité du sommeil lent profond. Au moment de passer à la phase de sommeil de rêve, une anomalie se produit: le cerveau dort mais le corps est comme éveillé. D'autres sont la manifestation d'un conflit intérieur; parlez-en avec bébé, tentez de comprendre ce qui le préoccupe, amenez-le à mettre des mots sur certaines situations qu'il vit mal.

On serre les dents, on attend qu'il se calme, on le borde et on retourne nous aussi au dodo.
À savoir, certaines terreurs nocturnes surviennent lorsqu'un enfant ne dort pas assez (plus de sieste) : il suffit parfois de lui aménager des plages de sommeil plus longues pour que tout rentre dans l'ordre.

Il ne faut surtout pas réveiller l'enfant au risque d'aggraver les réactions de terreur et de casser le rythme du sommeil.
    
Les cauchemars

Ils peuvent apparaître vers l'âge de 18 mois, âge des grandes acquisitions, mais aussi parfois plus tard.
Ils se produisent en phase de sommeil paradoxal et presque toujours en fin de nuit. L'enfant se réveille, effrayé, nous reconnaît et veut être consolé par un câlin.

Entre 2 et 3 ans, notre tout-petit prend de l'assurance, devient de plus en plus autonome, mais il se sent encore vulnérable et craint les lieux inconnus et les étrangers. Son monde intérieur est en ébullition permanente et ce sont ces sentiments qui, pendant ses rêves, prennent la forme de monstres plus effrayants les uns que les autres. C'est une manière comme une autre de décharger les tensions pour retrouver un bon équilibre psychique.
Vers l'âge de 4 ans, les enfants entendent beaucoup de choses que les adultes évoquent sans faire attention, mais ils ne comprennent pas tout. Les conclusions qu'ils tirent de ces mots captés peuvent être terrifiantes, d'où leurs cauchemars. La peur liée à un non-dit peut également se manifester si l'enfant sent que les adultes lui cachent quelque chose (décès d'un proche ou d'un animal de compagnie, séparation envisagée des parents ... ).

Si le tout-petit ne sait pas très bien raconter son rêve, un simple câlin, des mots tendres et rassurants sont suffisants. On le recouche avec son doudou et, en général, il se rendort sans difficulté. S'il peut raconter son cauchemar, il est important de l'écouter patiemment et de le rassurer. Il faudra alors prendre le temps, le lendemain, d'en reparler avec lui afin de découvrir l'événement qui le perturbe au point d'envahir ses rêves: un déménagement, l'arrivée d'un nouveau bébé, une dispute avec sa nourrice, une bagarre dans la cour de récréation, des paroles entendues et mal comprises qui nécessitent de notre part une explication ... Il est tout aussi essentiel de lui rappeler que les monstres n'existent pas, que ce sont juste des histoires pour amuser les enfants. Lui lire des histoires de sorcières et de gentils monstres permet de resituer ces personnages dans la fiction: expliquons-lui qu'ils ne peuvent sortir du livre que lorsqu'on le décide, en ouvrant l'ouvrage pour faire la lecture. Quand on l'a refermé, ils sont enfermés eux aussi. Cela permettra à notre petit de prendre du recul.
Autre solution: dessiner les monstres du mauvais rêve, puis ranger les dessins au fond d'un tiroir chez mamie, par exemple, mais pas à la maison, de manière à ce que les monstres habitent ailleurs, désormais. On peut imaginer d'autres scénarios (pièges à cauchemars, attrape-rêves ... ), l'essentiel, c'est que notre tout-petit y adhère. Mais s'il semble en proie à des rêves terrifiants plusieurs fois par nuit, c'est le signal d'un problème et il faut en parler au pédiatre qui nous dirigera le cas échéant vers un psychothérapeute.
 
Les médicaments homéopathiques peuvent aider notre tout-petit à traverser une période de turbulences. Mais il ne faut pas lui donner l'habitude de sucer quelques granules le soir dans le but avoué de chasser les mauvais rêves, ce serait encourager une dépendance psychologique aux médicaments. Quant à la veilleuse et à la chasse aux monstres dans le placard ou sous le lit, ce n'est pas nécessaire avant 4 ans. L’enfant n'a pas peur de l'obscurité et de ce qu'elle peut recéler d'inconnu et d'effrayant avant cet âge-là.

A lire
Il y a un cauchemar dans mon placard, Mercer Mayer, éd. Gallimard jeunesse.
Jules a peur du noir , Christian Lamblin, Régis Faller et Charlotte Roederer, avec un livret parents écrit par Edwige Antier (pédiatre et auteur de nombreux ouvrages pratiques spécialisés),
Grosse peur pour bébé loup , Elsa Devernois, Savine Pied
Le sommeil, le rêve et l'enfant, Marie-Joseph Challamel et Marie Thirion


Image Tout sur le sommeil de Bébé
 
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