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Même si tout le monde vous fait des compliments à propos de cette nouvelle naissance, vous serez peut-être étonné d'éprouver certaines émotions négatives. Il ne faut pas vous sentir coupable de cela. Beaucoup de pères (et de mères!) ont les mêmes sentiments mitigés. A partir du moment où un homme apprend que sa compagne est enceinte, il est plongé dans un nouveau monde. On l’encourage à participer à la grossesse et à l’accouchement. En même temps, un message lui parvient clair et net : ses peurs, ses insécurités et autres pensées qui ne seraient pas encourageantes ne sont pas les bienvenues. Mais les futurs papas se sentent souvent confus, tristes, anxieux et fâchés, ce qui est somme toute naturel.
Craintes et inquiétudes de la paternité L’accouchement Serez-vous un bon père ? De nouvelles responsabilités La jalousie du père Ai-je perdu quelque chose ? Le manque de confiance La surprotection Les vraies pathologies de la paternité Craintes et inquiétudes de la paternitéL'annonce de la naissance à venir suscite parfois des inquiétudes chez les futurs pères Apprendre que l'on va devenir père entraîne des transformations psychiques qui se mettent en place plus ou moins difficilement chez certains hommes, et pas forcément pour la première paternité mais aussi pour la 2ème, la 3ème... Parfois, certains présentent une crise intense, où les désirs de ruptures de couple et les passages à l'acte priment sur l'élaboration psychique. La raison en est simple : les hommes se sentent souvent chargés d'un rôle très important à l'arrivée d'un enfant. Un rôle de soutien de leur compagne et du bébé. Ils ont une place importante à jouer, et le sentiment de cette responsabilité peut parfois les vulnérabiliser. On remarque que les hommes participent de plus en plus aux échographies, et l'impact de ce réel dans le processus de la paternité peut provoquer chez certains des angoisses ou des mouvements dépressifs. La paternité n'a rien d'inné, au contraire, c’est une construction progressive avec des réaménagements psychiques successifs Il y a une temporalité spécifique à la paternité du fait que l'homme ne porte pas le bébé, et n'a donc pas d'expériences sensorielles pendant la grossesse. En fonction de l'histoire de chacun et du moment de la grossesse dans la vie du couple, il va y avoir un travail psychique spécifique. Pour certains hommes, ce sera quand le bébé sera là que ce travail se fera. Il s'agit d'un travail de retour sur le bébé qu'on a imaginé être, des parents qu'on a imaginé avoir eu, et ce travail commence grâce aux étapes du réel qui jalonnent la grossesse : échographies, révélation du sexe de l'enfant...C'est aussi un travail sur la place de l'homme dans le couple, dans sa famille et dans sa fratrie. L’accouchementVous êtes nombreux à avoir peur de ne pas être à la hauteur pendant l’accouchement. Vous avez peur de tomber dans les pommes, de vomir, ou encore d’être malades à la vue de tous ces instruments .Rassurez vous: presque tous les hommes ressentent ces craintes, et cela n’arrive presque jamais. La salle d’accouchement, l’environnement gynécologique vous est étranger, froid. Vous vous sentez déplacé, embarrassé, inhibé, face à des chaises ou des examens gynécologiques. Il faut dire que les salles de travail ou d’accouchement ne sont pas vraiment confortables pour les papas. Vous ne savez pas vraiment où vous mettre. Vous avez peur de ne pas savoir quoi faire, ni comment réagir. La solution : Etre préparé. Si vous avez un « plan de naissance » dans lequel vous jouez un rôle, ça vous aidera à mieux appréhender ce qui vous attend. Si, vraiment, vous ne supportez pas la vue du sang, quittez la salle d’accouchement. Il ne faut pas ignorer ses peurs, il faut leur faire face Plus vous en saurez, plus vous dédramatiserez Parlez, informez-vous, renseignez-vous. À la maternité : participez aux cours d’accouchement avec votre compagne Auprès d’autres papas qui sont déjà passés par là : nos forums sont là pour ça ! Lisez les excellents ouvrages, réalisés à l’attention exclusive des papas. Faites-en votre livre de chevet. Le jour venu, l’accouchement n’aura plus aucun secret pour vous et vous vous sentirez parfaitement à l’aise, vous dominerez votre sujet, et en même temps toutes vos peurs. Serez-vous un bon père ?Et pourquoi ne le seriez-vous pas ? Mais encore, être un bon père, c’est quoi ? Si c’est ne jamais commettre d’erreur, alors c’est fichu d’avance. Parce que des erreurs, vous en ferez, et beaucoup. Ce n’est même pas la peine d’espérer ne pas en faire. Même les mères font des erreurs avec leurs enfants, pourtant, on ne se demande pas si ce sont de bonnes ou de mauvaises mères. Pourquoi en serait-il autrement avec vous ? Rappelez-vous qu’élever un enfant n’est pas une science exacte. La paternité va transformer votre vie pour toujours. Mais, c’est quand même un grand pas vers l'inconnu. Il est donc normal que vous ayez des sentiments mitigés. De nouvelles responsabilitésVous avez sans doute pensé à vos nouvelles responsabilités pendant la grossesse, mais cette préoccupation prend toute son importance après la naissance du bébé. Rien ne vous donne autant l'impression d'être devenu un "adulte" que le fait de devenir parent. Cela peut même être un peu inquiétant. Votre plus grande peur est de ne pas réussir à protéger votre famille. Ensuite, vous étiez deux, maintenant vous êtes trois. Un bébé, ça coûte cher et vous allez devoir subvenir à ses besoins. Et c’est un fardeau lourd à porter dans le monde actuel. Le père doit être fort dans des domaines auxquels il n’avait pas pensé avant. Il doit subvenir non seulement aux besoins financiers, mais affectifs aussi : sa femme aura besoin de son aide, elle sera soumise à des changements émotionnels importants, et il devra y répondre avec sérénité. Toutefois, vos nouvelles responsabilités vous paraîtront moins lourdes aussitôt que vous en aurez pris l'habitude. La jalousie du pèreBeaucoup de futurs papas éprouvent des sentiments contradictoires vis-à-vis du bébé : c’est souvent de la joie mêlée à de la jalousie. Dans un premier temps, parce que vous vous sentez exclu au début de la grossesse : la maman commence à partager des moments avec bébé, à développer une certaine intimité à laquelle vous êtes étranger. Elle commence aussi à sentir bébé bouger à l’intérieur, bien avant que vous ne puissiez le sentir à l’extérieur. A la naissance, le sentiment de jalousie peut même s’intensifier car la maman va concentrer ses énergies sur le bébé, surtout durant les premiers mois. Et c'est un moment qui peut être déstabilisant dans votre couple ; vous pouvez avoir l’impression de ne plus compter. Pour ne pas vous sentir exclu, tentez, dès la naissance, de partager un maximum d’expériences en compagnie du bébé et de la maman. Il vous appartient de tisser vos propres liens avec le bébé. À mesure que vous et votre bébé vous découvrirez mutuellement, vous tomberez amoureux l’un de l’autre. Cependant sachez que la maman aura besoin de moments d’intimité avec son bébé, tout comme vous en ressentirez peut être également le besoin. Vous devez aussi réfléchir à vos propres sentiments et parler de votre jalousie avec votre femme afin de dépasser votre sentiment d’éloignement. La maman devra essayer d’accorder la même importance à son bébé et à son mari. Dans tous les cas, ne vous inquiétez pas : Ces sentiments sont tout à fait compréhensibles. Et, au fur et à mesure des semaines, chacun va réussir à prendre sa place. Ai-je perdu quelque chose?Souvent, les nouveaux pères craignent de perdre quelque chose: leur liberté, leur aisance financière, leurs vacances, etc. Tout cela est-il vraiment perdu? Pas pour toujours. La paternité est certainement l'une des grandes étapes de l'existence. Néanmoins, ce n'est pas la première. D'autres transitions comme le mariage ou votre premier emploi vous ont obligé, elles aussi, à vous adapter. Le manque de confiance
Si vous n'avez jamais eu grand contact avec les bébés, vous serez un peu angoissé à l'idée de prendre soin du vôtre, car vous n’avez pas assez confiance en vous. Vous avez peur d’être maladroit, de ne pas savoir comment vous y prendre. Surmontez vos craintes la seule solution? L'expérience! Lancez-vous : être parent ne s’apprend que sur le terrain. Il est évident que vous ferez des erreurs, il en est de même pour la maman. Tout le monde en fait, et c’est normal car un bébé n’est pas une science exacte, c’est un être humain unique qui a des besoins propres. Ce n’est que pas à pas que vous apprendrez à connaître et à comprendre votre bébé, et que vous ferez de moins en moins d’erreur. Plus vous vous occuperez de votre bébé, plus vous aurez confiance en vous. La surprotectionVous prenez soin du bébé pour que votre conjointe puisse faire un somme mais, au moindre gémissement, elle dévale l'escalier et vous arrache le petit des bras pour s'en occuper elle-même. Ou encore, elle vous surveille pendant que vous le changez de couche, afin de "corriger" vos moindres gestes. Comment vous sentez-vous? Vous serez peut-être rassuré d'apprendre que cette tendance à la surprotection est normale chez une mère. Vous aurez peut-être l'impression quelle ne vous fait pas confiance, mais il est plus probable que son comportement s'explique par les puissants liens d'attachement qui l'unissent au bébé. Essayez d'interpréter ces élans de surprotection comme un signe positif, montrant à quel point elle aime votre bébé. Par contre, vous avez besoin de prendre votre place aussi. Soyez persévérant dans vos efforts pour vous occuper du bébé. Éventuellement, quand elle se rendra compte de la compétence croissante avec laquelle vous prenez soin du bébé, elle trouvera plus facile de vous laisser faire. Les vraies pathologies de la paternité
Le plus fréquent, c'est la rupture conjugale en fin de grossesse, ou dans les tous premiers mois de la vie du bébé. Plus rarement, l'homme peut aussi se mettre à avoir des conduites addictives (alcool, toxicomanie...) ou des maladies somatiques (migraine, nausées, eszéma...). Enfin, dans certains cas, le futur père peut sombrer dans des pathologies lourdes. Il peut s'agir, par exemple, d'un état délirant qui se déclenche au moment de l'accouchement ou après. Ou bien des états psychotiques, paranoïde, où l'enfant est vécu comme persécuteur. Il peut aussi y avoir un déni de la filiation, voire, un délire sur la filiation. |