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Le désir d'enfant Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Tétine   

Y a-t-il un réel désir d’enfant chez l’homme?

Un enfant, ça se fait à deux. C’est le principe de la procréation. D’un côté, on a la femme. Arrivée à pleine maturité sexuelle et affective, elle se voit soumise à une tension viscérale incontrôlable qu’on peut appeler « l’appel à la maternité » ou « le cri hormonal », c’est selon. Résultat : elle veut un bébé.

De l’autre côté, on a l’homme. Celui dont le corps n’est pas du tout programmé pour porter des enfants. Absence totale de cri hormonal, donc. Pourtant, il est insensé de croire que tous les pères de ce monde n’ont pas eu envie d’avoir un bébé, qu’ils ont été mis devant le fait accompli ou qu’on leur a tordu le bras pour féconder leur conjointe. Mais comment se manifeste le désir d’enfant chez l’homme? Et quand éclot-il?

L’origine du désir d’enfant

Le désir d’enfant est universel et il est avant tout inscrit dans notre nature de mammifère. L’humain a fondamentalement besoin de se reproduire.

Depuis l’arrivée de la contraception, cette fatalité biologique est pleinement révolue. Effectivement, on peut maintenant décider quand concevoir des enfants et combien en avoir. Tout un luxe!

Toutefois, depuis que la sexualité et la fécondité ont été ainsi dissociées par la contraception, le désir d’avoir des enfants est devenu plus complexe à cerner. Aujourd’hui, les origines sont multiples. Par exemple, chez la femme, le simple désir d’enfanter peut maintenant être motivé par l’envie de combler un vide ou un manque affectif ou par le besoin de couronner sa vie de femme.

Instinct et volonté

Comme on le voit, la maternité ne relève plus que du hasard, mais aussi d’une décision personnelle. Qu’en est-il de la paternité?

L’homme ne ressent pas une envie irrépressible de vivre une grossesse, non plus le souhait ardent de changer des couches et d’apprendre des comptines. Du moins, ce n’est pas la majorité. L’appétence du papa pour un bébé repose d’abord dans un besoin d’éternité, de filiation.

En effet, surtout interpellés par la parentalité, les messieurs éprouvent un besoin intense de fonder une famille (donc de devenir autonomes par rapport à leurs propres parents) et de devenir parents (donc de renoncer à l’enfance). En voulant passer du statut « protégé » au statut « protecteur », l’homme quitte définitivement l’adolescence, affirme sa virilité et rend tangible l’amour qu’il porte à sa partenaire.


Outre cette aspiration inconsciente de passer à une autre étape, le désir d’enfant chez l’homme se manifeste, entre autres, par le souhait de :

Rapprocher son couple du modèle classique de « famille »;
Faire comme ses parents ou faire mieux;
Reproduire ses propres liens fraternels;
Faire plaisir à sa compagne;
Etc.
Bref, comme chez la mère, la paternité découle à la fois d’une intention et d’un processus inconscient. Mais, chez le père, le désir d’enfant passe d’abord par la tête. La dimension affective ne se manifeste souvent que lors de la première échographie ou des premiers mouvements vigoureux du fœtus.

Plus tard, chérie…

Chez l’homme, l’envie d’avoir un enfant est souvent le fruit d’une évolution psychique qui s’est étalée sur plusieurs années. La spontanéité et l’impulsivité en matière de procréation, très peu pour les messieurs. D’ailleurs, il n’est pas rare que la paternité soit un projet flou que le quotidien ne cesse de repousser à plus tard.

La raison de ce délai est que, la plupart du temps, les hommes ont tendance à focaliser sur les besoins matériels. La venue d’un enfant passe alors loin derrière la vie professionnelle, la vie amoureuse, les amis, les loisirs et les autres projets à long terme. Qui plus est, une certaine stabilité doit avoir été acquise dans ces différentes sphères pour que le l’homme se sente a l’aise d’accueillir un bébé. Que de conditions!

Enfin, l’arrivée d’un enfant donne un caractère différent au couple. En règle générale, l’homme qui décide de devenir parent y a longuement réfléchi auparavant.

Somme toute, le désir d’enfant est aussi du ressort des hommes. Même si son corps ne réclame pas d’être fécondé et de porter un fœtus, la gent masculine vit l’appel de la paternité, et ce, pour différentes raisons et de différentes manières. Relevant désormais de la volonté, la paternité surmonte tous les obstacles. La preuve : les couples d’hommes gais qui ont recours à l’adoption. Le désir d’enfant n’épargne personne…

 

 
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