C’est possible
L’OMS recommande l’allaitement exclusif au moins 6 mois. Le congé maternité n’est souvent que de quelques semaines pour les mamans actives. Comment, dès lors, conjuguer allaitement et vie professionnelle ?
La reprise du travail intervient généralement à la fin du congé maternité, soit officiellement 10 semaines après la naissance de l'enfant (en tout cas pour les deux premiers). On peut y ajouter des congés pour suites de couches pathologiques, des vacances, voire des congés sans solde. Depuis le 5 mars 2007, les mamans peuvent aussi réduire de trois semaines leur congé prénatal, et augmenter d'autant leur congé maternité après la naissance de l'enfant. Cela dit, ça ne fait au mieux qu'environ quatre mois pour allaiter, et le compte n'y est pas pour de nombreuses mamans. Elles se retrouvent tiraillées entre l'envie de continuer l'allaitement et les contraintes de la vie active. Certaines envisagent de concilier les deux, mais mal informées, peu soutenues dans cette idée, voire carrément critiquées, elles se résolvent le plus souvent à sevrer bébé. Pourtant, des solutions existent pour concilier allaitement et travail.
Le vrai secret de la réussite, c'est tout simplement ... de savoir que c'est possible!
Qu'il ne s'agit pas là d'un exploit réservé à quelques hurluberlues ou masochistes, mais d'une possibilité réellement ouverte à toutes les femmes qui le souhaitent De plus en plus de femmes le font, une augmentation difficilement chiffrable mais nettement perceptible par tous les acteurs de terrain. Le lait maternel reste à ce jour la meilleure alimentation possible du nourrisson, notamment sur le plan de sa santé. Même après six mois, il contient encore des facteurs immunologiques qui aident à protéger le bébé. Ils sont même présents en plus grande quantité pendant la deuxième année que pendant la première ... Tout ce qui a été dit sur la protection apportée par l'allaitement est d'autant plus vrai pour un enfant qui va être gardé, en général à l'extérieur de chez lui, et va donc se trouver en contact avec beaucoup de germes nouveaux. Ainsi, on a prouvé que chez les enfants en garderie, les infections sont moins nombreuses et moins graves chez ceux qui sont encore allaités. Une étude faite sur des enfants dont la mère travaillait a montré que le risque de présenter une diarrhée était 7,8 fois plus élevé chez ceux qui ne recevaient plus de lait maternel, tandis que le risque de présenter une pathologie respiratoire aiguë était 1,9 fois plus élevé. Et si l'enfant est moins malade parce qu'il est toujours allaité, c'est bon pour lui, c'est bon pour ses parents, c'est bon pour la société (et le trou de la Sécu !) et c'est bon ... pour l'employeur, puisque la mère aura moins besoin de s'absenter pour garder son enfant malade. Pour ce qui est des bénéfices psychologiques, la poursuite de l'allaitement en cas de reprise du travail en comporte de spécifiques, sur lesquels insistent les femmes qui ont vécu cette expérience: Séparation adoucie pour l'enfant et pour la mère, moindre jalousie entre la mère et la gardienne, joie de la « tétée de retrouvailles », assurance donnée par ce lien sauvegardé. Enfin, pour celles qui doivent faire face aux critiques sur leur choix de l'allaitement, il faut savoir q’un enfant allaité, jusqu'à ce qu'il se sèvre de lui-même (entre 2 ans et 4 ans habituellement), est en général plus autonome et, plus important encore, peut-être, plus sûr de lui dans son indépendance. Il a reçu réconfort et sécurité au sein, jusqu'à ce qu'il décide de se sevrer. Quand il prend cette décision, il sait qu'il a réussi quelque chose, qu'il a fait un pas en avant. C'est un des jalons de sa vie. Bien entendu, l'allaitement maternel peut, dans certains cas, servir à encourager une dépendance excessive. Mais on peut en dire autant de l'alimentation et de l'entraînement à la propreté. Le problème est ailleurs, pas dans l'allaitement. De quoi se motiver! Premièrement, contrairement à tout ce qu'on lit, il n'est pas nécessaire « d'habituer» un enfant au biberon avant qu'il ne soit gardé . Ainsi, il vaut mieux laisser à la nourrice ou aux puéricultrices de la crèche le soin de nourrir l'enfant au biberon (avec votre lait ou non). De cette manière, la maman restera associée au sein dans l'esprit de l'enfant. Une mère qui essaye de donner un biberon de lait artificiel à un enfant qu'elle a allaité jusque là envoie un message contradictoire: elle dispose de premier choix et propose de la piquette! Résultat: l'enfant ne comprend pas et refuse ce biberon en hurlant. Il faut se battre pour le lui faire accepter, ce qui est assez traumatisant et culpabilisant. Une maman qui reprend le travail n'a pas besoin de tout ce stress ! Bébé acceptera le biberon de la main de la personne qui le gardera, car il en comprendra alors la nécessité et l'utilité. Et s'il a un peu de mal les premiers jours à la crèche, lors de la fameuse période d'adaptation, c'est dû au contexte, pas au biberon. Il existe un autre écueil important. Combiner allaitement et travail est souvent présenté dans les magazines ou envisagé par les mamans comme une tétée le matin avant de partir au travail et une le soir en rentrant. Mais deux fois par jour, cela ne suffit généralement pas. En effet, à ce rythme, la lactation diminue progressivement pour s'arrêter tout à fait au bout de quelques semaines. D'autre part, l'enfant peut finir par se détourner du sein, qui nécessite un plus gros effort de succion que la tétine. Allaitement et travail sont tout à fait conciliables à partir du moment où on allaite toutes les fois que c'est possible. Tôt le matin, juste avant de partir, dès qu'on rentre, avant de dormir, voire un peu la nuit ... et au maximum pendant le week-end et les vacances. Les seins s'adaptent sans problème, surtout si entre deux tétées espacées, on tire son lait. Allaitement exclusif ou Allaitement mixte A la reprise du travail, vous avez le choix entre l'allaitement exclusif (l'enfant ne boit que du lait maternel) et l'allaitement mixte (l'enfant boit du lait maternel et des biberons de lait infantile). Si la première solution semble la plus compliquée, sachez qu'il existe des « pauses allaitement» prévues par la loi, le plus souvent utilisées par les mamans pour tirer leur lait. Il est tout à fait possible de concilier travail et allaitement sans jamais tirer son lait. Néanmoins, certaines mères préfèrent que leur enfant ne reçoive que du lait maternel pendant les premiers cinq à six mois, comme le préconise l'Organisation mondiale de la santé. Une fois exprimé, le lait se conserve au frais jusqu'au retour à la maison (un sac isotherme et des pains de glace font très bien l'affaire s'il n'y a pas de frigo au bureau). Il sera ensuite congelé ou mis de côté pour le lendemain, où il sera donné à la crèche ou chez la nounou. Plus l'enfant grandit, moins il a besoin de lait (on commence la diversification alimentaire vers six mois), les mamans auront donc de moins en moins besoin de faire des « réserves ». Enfin, il est important de savoir que la location d'un tire-lait peut être pris en charge par la sécurité sociale, et qu'il suffit pour cela d'une ordonnance du médecin. Comment conserver le lait maternel Attention : même si le lait maternel peut être laissé à température ambiante (de 19° à 22°) pendant 6 à 10 H pour une utilisation immédiate, il vaut mieux le refroidir rapidement sous un filet d’eau froide et le mettre au réfrigérateur. On peut le garder au réfrigérateur pendant 0° et 4° durant 5 à 8 jours. Pour le conserver plus longtemps, il faut le congeler. Les temps de conservation varient selon le type de congélation : -dans le freezer d’un réfrigérateur : 2 semaines -dans le compartiment congélateur d’un réfrigérateur-congélateur : 3 à 4 mois -dans un congélateur séparé à -18°C : plus de 6 mois
Ces temps de conservation du lait humain ne sont pas cumulatifs. Si on choisit de congeler le lait, c’est le jour même qu’il faudra le faire après l’avoir rapidement mis à refroidir dans le réfrigérateur.
Ce que dit la loi Plusieurs dispositions visant à faciliter l’allaitement par les mères qui ont repris le travail figurent dans le code du travail (ordonnance du 12 Mars 2007) -L’allaitement (dans l’établissement ou ailleurs) est un droit pendant la première année de l’enfant. Les mères ont, pour ce faire, une heure/jour pendant les heures de travail. -La salariée peut allaiter dans l’établissement -Un local doit être prévu pour l’allaitement au sein ou à proximité d’une entreprise de plus de 100 salariés. Un décret du conseil d’état détermine, suivant l’importance et la nature des établissements, les conditions d’application pour l’installation de ce local. -Dans la jurisprudence, les pauses ne sont pas considérées comme du travail effectif. Mais, dans les faits, les pauses sont le plus souvent rémunérées Donc, sauf si votre convention collective, accord de branche ou accord d’entreprise prévoit le contraire, allaiter au sein a un coût… De toute façon, beaucoup de femmes prennent moins d’une heure (surtout celles qui tirent leur lait sur place) ou allaitent sur leur pause déjeuner. Pour en savoir plus, lire "Allaitement maternel et droit" - Martine Herzog
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