Surtout dédramatisez Entre bébé et sa maman, c'est un lien incroyablement fort. Et totalement unique. Bébé et vous êtes tellement complices que vous n'envisagez plus la vie l'un sans l'autre. Mais ce tête-à-tête n'a pas vocation à durer toute la vie. Un jour ou l'autre, bébé devra trouver son autonomie. La séparation, ça s'apprend, même quand il est tout petit. Parce que ça fait partie de la vie, tout simplement ! Sevrage, premiers jours à la crèche, week-end chez papi et mamie : les séparations seront moins douloureuses si vous-même et votre tout-petit vous y êtes préparés.
Quand bébé s'annonce, on se dit qu'on entre dans une relation d'amour qui va durer toute la vie. Bébé sera là pour illuminer notre quotidien 24 heures sur 24. Ou presque. En effet, la relation d'un bébé avec ses parents est jalonnée de séparations plus ou moins bien vécues et cependant inévitables voire nécessaires. Après la période de fusion avec le bébé, il faudra bien se séparer, il faut l'admettre. Et moins les personnes qui s'occupent généralement de l'enfant seront angoissées, plus la séparation se passera bien pour le bébé. L’angoisse de la séparation, d'abord vécue par les parents, peut être maîtrisée s'ils cherchent à comprendre, à travers leur histoire personnelle, pourquoi ils la ressentent si fortement. Certains bébés ont aussi plus de mal que d'autres à se séparer. Parce qu'ils ont une sensibilité plus forte et plus précoce ou parce qu'ils souffrent plus de leur dépendance, de leur petitesse et qu'ils ont l'impression d'être perdus dans un monde plein d'incertitudes. L’essentiel réside dans l'écoute offerte aux émotions que l'enfant exprime face à ces séparations, d'une manière ou d'une autre. Et quel que soit le moment ou le motif de la séparation, celle-ci sera plus douce si vous prévenez votre enfant suffisamment tôt pour qu'il puisse exprimer ce qu'il ressent et se préparer à sa façon à cette situation nouvelle. Enfin, évitez de cumuler les séparations ...
La naissance Le sevrage La reprise du travail Les Vacances Si papa et maman se séparent La culpabilité Faire confiance aux autres Pas facile de se séparer de Bébé ? Quelques trucs pour y arriver
La naissance
Première d'une longue série, indispensable, inévitable, la naissance constitue la séparation originelle. Si le bébé ne sort pas du ventre de sa mère, il maigrit, il régresse. C'est le symbole même du fait que l'on ne peut pas garder les enfants trop longtemps en soi ou près de soi. Difficile de dire si les conditions dans lesquelles la naissance se déroule ont effectivement des conséquences sur la façon dont l'enfant abordera les séparations ultérieures, même si on peut imaginer, qu'un bébé puisse être désemparé s'il est séparé dès sa naissance de sa maman, au moment même où il arrive dans ce mode totalement inconnu ... De plus, l'angoisse vécue par la mère (et le père s'il est présent) si l'accouchement est difficile ne peut que rejaillir ensuite sur l'enfant si elle n'est pas comprise et analysée. Le sevrage
Lorsqu'un bébé est allaité par sa maman, le moment du sevrage marque une autre rupture. L’allaitement est une période transitionnelle pendant laquelle l'enfant n'est plus "dedans" mais quand même nourri par "l'intérieur". Même si l'enfant ne comprend pas les mots, il est nécessaire de dire simplement et de lui redire ce qui se passe au moment du sevrage, mais aussi de conserver un contact physique étroit avec le bébé, des moments de câlin, de portage, etc. La reprise du travail : préparer Bébé
Mieux vivre une séparation côté parent, c'est aussi assumer ses choix: si vous aimez votre travail, ne dites pas que vous travaillez parce que vous y êtes obligée. Il n'est pas forcément nécessaire d'arrêter l'allaitement au moment de la reprise du travail. Si vous en avez envie, vous pouvez sans problème continuer d'allaiter le matin et le soir, ce qui atténuera un peu le choc de la séparation quand vous confierez votre enfant à une assistante maternelle, aux auxiliaires d'une crèche, à une baby-sitter ou à qui que ce soit d'autre. La séparation sera aussi plus douce si vous faites confiance aux personnes qui s'occuperont de votre enfant. D'où la nécessité de bien les choisir et de bien préparer bébé à ce grand changement. La période d'adaptation, en crèche ou chez une nounou, est donc primordiale pour faire connaissance les uns avec les autres. Accordez-y le temps qu'il faut! A chaque fois, surtout dans les premiers temps, il ne faut pas oublier de dire à l'enfant pourquoi on ne peut pas rester avec lui et préciser qu'on va revenir. Même s'il ne comprend pas les mots, il en saisit le ton, l'intention, vous pouvez lui chanter une petite comptine toute simple: « Maman s'en va, maman revient. » Evoquer les retrouvailles (et leurs rituels) est essentiel. Mais aussi prendre le temps d'écouter les émotions que l'enfant exprime, même si vous ne pouvez pas l'emmener avec vous. Un interdit: partir en douce. Votre enfant se sentirait trahi. L’objet transitionnel, qui permet de « faire transition et de remplacer la maman », prend aussi toute son importance, parce qu'il est doux, qu'il porte son odeur et celle de la maison. Idem pour le doudou, même si rien ne remplace un gros câlin. Les vacances : d’abord de courts séjours
Peu à peu, vous serez peut-être amenée à confier votre bébé pour quelques jours à ses grands-parents, à sa tante ou à des amis proches. Il vaut mieux commencer par de petites séparations, habituer l'enfant à aller dormir une nuit de temps en temps chez ces personnes, dans des lieux qui ne lui sont déjà pas inconnus, et ensuite à y passer à un jour ou deux. Pour faciliter les choses, il emportera son objet transitionnel, son doudou ou encore un objet qui lui rappelle la maison, des choses tendres chargées affectivement. Un petit « planning» des vacances, avec des jours à cocher par l'enfant, peut lui permettre de se repérer dans la durée de son séjour. Et puis parlez avec lui à l'avance de la façon dont va se dérouler son séjour, de ce que vous ressentez et sachez écouter ce qu'en « pensent» vos enfants! Jaugez également leurs limites: trois heures pour certains, trois jours ou plus pour d'autres! Si papa et maman se séparentLes enfants sont aujourd'hui souvent confrontés à la séparation de leurs parents. Il faut que l'enfant sache, qu'on lui dise que ce n'est pas lui qui divorce d'eux ni eux qui divorcent de lui. Et il ne faut surtout pas que l'enfant s'imagine que c'est à cause de lui. La seule solution, en parler avec lui et lui dire d'abord ce qui se passe, et si possible pas au dernier moment. Préciser ainsi que « papa reste ton papa et maman reste ta maman », même si l'un ou l'autre ne joue pas son rôle. Préciser aussi qu'il est prévu de revoir le parent qui s'en va. Le planning trouve ici une nouvelle utilité, de même en cas de garde alternée: il permet à l'enfant de se repérer dans le temps et de se préparer aux changements. Succession de séparations et de retrouvailles, la garde alternée sera facilitée, si l'enfant a sa place, dans tous les sens du terme, s'il est écouté et accueilli dans les deux maisons et si les possibilités de changement dans l'articulation de la garde parentale sont ouvertes. A condition aussi d'être vraiment présent quand on est avec lui. La culpabilité
Bébé est enfin là ! Vous l’aimez plus que tout. Dès sa naissance, un lien très fort se tisse entre lui et vous. Il vous communique ses émotions, vous lui transmettez les vôtres. Et vous êtes chaque jour de plus en plus émerveillée de voir grandir ce petit être. Mais il arrive que cette relation extraordinaire finisse par prendre toute la place. Vous avez eu beau être prévenue, vous n'auriez vraiment jamais cru qu'un bout d' chou comme ça puisse être aussi prenant! Et parfois, vous aimeriez bien laisser Bébé à quelqu'un quelques heures pour vous reposer, bouquiner, aller à la piscine, au cinéma ... Tous les pères et toutes les mères ont envie, à certains moments, que leur enfant soit loin. Mais, certains parents culpabilisent beaucoup à se séparer même peu de temps de leur bébé. Les séparations sont alors vécues comme l'accomplissement d'un désir très vilain. Il faut le comprendre et pouvoir se le pardonner. Faire confiance aux autres
Vous avez l'impression que personne ne peut s'occuper de votre bébé aussi bien que vous. Et son papa travaille beaucoup et rentre trop tard le soir pour pouvoir vous soulager. Pourtant, quelqu'un d'autre peut très bien s'occuper de votre bébé! Mais différemment. Car lorsqu'il est petit, la maman ressent envers son enfant, surtout si c'est son premier, une sorte d'état fébrile d'inquiétude constante. Elle développe une aptitude étonnante à ressentir ce que son bébé ressent, s'il a faim, chaud, mal, comme si elle était branchée avec ce qui se passe dans sa tête et son corps 24 heures sur 24 ... Difficile de demander cela, même à la perle des baby-sitter! Souvent, les mamans qui ont du mal à se séparer de leur enfant n'ont pas encore fait le deuil de leur grossesse. Elles sont encore enceintes dans leur tête. Elles ont du mal à dépasser ce moment privilégié où elles étaient tout pour leur bébé, où il vivait en elles. Lorsqu'il naît, il les remet en question dans leur sentiment de toute-puissance. Dans ce cas, rien de tel qu'un papa qui aide à franchir le pas de la séparation, en s'occupant à son tour de l'enfant. Mais quid s'il n'y a pas d'homme à la maison, ou s'il est vraiment peu disponible ? Il est important que la maman soit entourée, d'une mère, une sœur, un ou une ami(e). En prenant le relais, cette personne aide la mère à accepter une relation où le bébé va et vient. Sinon, elle reste persuadée que son enfant ne peut rien sans elle. Inconsciemment - ou pas - elle transmet ce sentiment à son fils ou sa fille, qui se met à hurler dès qu'elle quitte la pièce ... Difficile, dans ces conditions, de garder confiance en soi. Alors, faire confiance à un autre pour nous relayer relève de l'ascension de l'Annapurna ! Donc on reste avec bébé, et le serpent se mord la queue ... Même si au cours des six premiers mois de la vie d'un bébé, rien ne remplace la présence d'une mère, il est indispensable qu'elle puisse se changer les idées. Un tête-à-tête permanent avec un nourrisson, c'est insupportable! Et cela n'augure pas forcément d'une belle relation d'avenir entre les deux.
Vous avez tout à gagner à accepter que le bonheur de votre enfant passe aussi par sa capacité à vivre en-dehors de vous. Et c'est sans doute le plus sûr moyen de garder un très beau lien, très fort, très longtemps. Pas facile de se séparer de Bébé ? Quelques trucs pour y arriver
Dé-cul-pa-bi-Ii-sez ! Ce que vous vivez n'est pas évident et n'a rien de banal. Invitez copines, maman, belle-mère, le plus souvent possible, dès le plus jeune âge. Prenez l'habitude de sortir à plusieurs mamans, au square ou en promenade, et de laisser les autres s'occuper de votre bébé (occupez-vous du leur pendant ce temps). Offrez-vous une séance chez l'esthéticienne, un massage, un hammam, juste pour vous, pour bien reprendre conscience de votre corps et vous détendre pleinement. N'hésitez pas à demander de l'aide à votre pédiatre, un psy ou un conseiller familial.
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