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Quand on est petit, le monde paraît parfois effrayant. Peur du noir, du gros chien, de se perdre: des peurs les plus simples aux plus existentielles, on imagine mille choses terribles. Tant mieux, car la peur est utile: grâce à elle, on se prépare à affronter le monde !
De quoi ont-ils peur, nos petits? Tout d'abord, de choses très physiques: des insectes, des chiens, de i'eau, des étrangers, de la violence et l'agressivité des petits copains, des sons trop forts, des images choquantes aux informations télévisées. Mais tous les enfants ne sont pas égaux devant la crainte. Leur milieu d'origine contribue beaucoup à leur faire appréhender la réalité dans un sens ou dans un autre. Si sa famille est très expansive et aime partir à l'aventure, l'enfant verra le monde comme un grand terrain de Jeu et ira volontiers à la rencontre des autres. S'il est trop protégé, hors de sa maison et en présence d'étrangers, il se recroquevillera le temps de s'accoutumer aux nouveaux venus. Cependant, quel que soit le contexte familial, un enfant a toujours son caractère propre et une façon bien à lui de voir la réalité et les autres.
Jouet de son imaginationLes petits enfants sont souvent le jouet de leur propre imagination. Ils se créent un monde fantasmagorique à partir de rien: les énormes mains d'un marchand de primeurs ou la grosse voix de la voisine deviendront des sujets d'angoisse amplifiés voire démoniaques dans un cauchemar. Les figures d'autorité (pompiers, gendarmes, maîtres d'école) pourront impressionner très fortement un enfant sensible au pouvoir de l'autorité. De même, quand un petit rencontre un autre enfant trop sûr de lui, agressif, le premier peut alors mythifier le second, quel que soit son sens critique et son intelligence. Ces peurs que nous leur fabriquonsDepuis des générations, on joue au loup avec l'enfant qui hurle de rire et de peur quand on le poursuit. On lui raconte des histoires de cape et d'épée où se côtoient monstres, ogres et sorcières en tous genres. De là à lui suggérer que ces personnages hauts en couleur pourraient venir le chatouiller s'il n'est pas sage ... Certains parents cèdent volontiers à la tentation. De quoi nourrir l'imaginaire du tout-petit ! Cependant, malgré leur crédulité, les enfants, dès quatre ans environ, jouent très vite avec les adultes lors de ces menaces infondées, qui sont autant de moments de connivence entre eux. Les enfants cèdent davantage devant l'autorité parentale que devant la menace d'un monstre invisible qui n'existe que dans des films ou dans des livres. En outre, dans les contes, les sorcières, les monstres et les méchants finissent toujours mal. Justice est faite, ce qui rassure les enfants mais leur montre aussi que le danger existe et que le monde n'est pas qu'amour et bienveillance des parents. L'intérêt d'une histoire qui fait peur - et dont les enfants raffolent -c'est qu'elle a un début quand on ouvre le livre pour le lire, et une fin quand on ferme le livre, une fois l'histoire terminée et les méchants vaincus. Très influençables, les enfants pleurent parfois de peur en écoutant (ou visionnant) l'histoire, mais ils en redemandent. Car c'est la confrontation répétée à ces scénarios effrayants qui va leur prouver qu'ils sont capables de maîtriser la situation. De cette manière, ils apprennent à apprivoiser leurs peurs. Les vrais causes des angoisses enfantinesSi l'on examine bien les sources des angoisses enfantines, outre les peurs physiques, elles sont souvent liées à l'abandon, à la peur de ne plus être aimé et à la mort. Cela explique les pleurs d'un enfant quand ses parents le grondent: même si leur colère est justifiée, l'enfant croit sur le moment que les personnes qu'il aime le plus au monde ne l'aiment plus. De même, la peur de se perdre ou d'être seul peut lui occasionner des cauchemars si les parents voyagent pour leur travail. Si l'un d'eux a eu un grave accident, l'enfant peut alors imaginer (dans une terreur nocturne) qu'un jour ce parent ne reviendra pas ou que l'accident peut se reproduire. Plus tard, l'enfant affronte la peur de l'échec à l'école. Si la réussite est cruciale pour ses parents, l'enfant se fera un devoir de réussir ou de se mettre en situation d'échec inconsciemment pour attirer leur attention s'il ressent un manque affectif. Enfin, si l'enfant se sent coupable d'un drame familial ou d'un reproche souvent répété, il en portera la culpabilité comme un poids. Comment l’aider à affronter ses peursLa peur, c'est essentiel: cela permet de se construire. Mais, pour que l'expérience porte ses fruits, il faut que l'enfant soit accompagné. Le dialogue est essentiel, notamment au moment des fêtes de fin d'année où de tout jeunes parents pensent que poser pour la postérité sur les genoux du Père Noël va amuser leur tout-petit. Las... Le bambin hurle! On a eu beau lui raconter que le bonhomme est gentil et offre des bonbons aux enfants sages, le tout-petit ne retient qu'une chose: mais c'est qui, ce drôle de bonhomme que je ne connais pas, habillé bizarrement et qui me prend dans ses bras? Un étranger. Donc, j'ai peur, donc je hurle ... La sagesse, c'est de ne pas insister tant que l'enfant n'est pas suffisamment sociabilisé. Pour l'aider à surmonter ses peurs, il ne faut pas banaliser ses angoisses contrairement à une idée reçue : nier la présence de monstres, le soir au coucher, revient à nier une émotion que l'enfant ressent réellement. La nuit et l'obscurité sont source d'angoisse pour l'enfant, vers l'âge de deux ans. L'enfant n'a alors plus la même représentation du temps et de l'espace, ce qui suscite une inquiétude qui peut aller jusqu'à la terreur. D'où l'importance de lui permettre de garder une veilleuse près de lui. Il ne faut surtout pas lui dire qu'il se fait du souci pour rien, et encore moins que son angoisse est ridicule. Mieux vaut éviter aussi de se mettre à quatre pattes sous le lit pour lui montrer qu'aucun voleur ne s'y cache: cela reviendrait à accréditer sa peur. Notre rôle doit consister à l'écouter, à le rassurer en lui expliquant que son trouble est partagé par un grand nombre de personnes. Il est préférable d'insister sur l'efficacité de la présence rassurante de l'adulte, le plus souvent le père ou la mère, qui, dans la tête de l'enfant, doit être le gardien d'un sommeil paisible. Le plus souvent, un soutien parental adapté permet à l'enfant de venir à bout de son problème. Lui proposer les activités adéquates
En reconnaissant les peurs d'un enfant, on le prend au sérieux, on se met à son niveau, on communique réellement avec lui. En lui expliquant avec ses mots ce qui lui fait peur, on lui ouvre une fenêtre sur la réalité, sur plus d'objectivité. On l'invite ainsi à désamorcer ses peurs en dédramatisant ce qui lui est inconnu. Il faut montrer aux petits que ce qui paraît angoissant n'est qu'un ballon de baudruche qui se dégonfle dès qu'on le regarde autrement. Ainsi, une attitude parentale encourageante peut aider l'enfant. S'il est timide, des activités en groupe l'ouvriront aux autres enfants. S'il a peur des animaux, aller dans la nature, toucher et caresser un hamster, un chien, une vache, monter à cheval, le réconcilieront avec l'animalité. Si être en équilibre, puis tomber est un traumatisme, le judo et des sports d'adresse adéquats résoudront ce handicap, avec un sentiment de fierté en prime. Si l'enfant a peur de l'agressivité, un sport de combat l'aidera à vaincre ses inhibitions. Nos possibilités et celles de nos enfants sont infinies, encore faut-il qu'il les découvre et qu'on lui fasse confiance pour qu'il laisse choir ses peurs une à une. A savoir
Les peurs propres à tous les enfants
Le nourrisson éprouve l'angoisse d'être seul, ce qui est naturel. Sans la présence d'un adulte, il n'est pas capable de vivre. Plus tard apparaît l'angoisse du huitième mois: le bébé craint la présence d'une personne étrangère. Il s'agit d'une étape tout à fait normale de son développement. Puis, vers l'âge de 2 ans, il se met à avoir peur de la nuit et du noir. Le moment du coucher correspond à la séparation d'avec ses parents. De plus, il se sent totalement impuissant dans cette obscurité peuplée de monstres sortis tout droit de son imaginaire. Enfin, entre 3-4 ans et 6-7 ans apparaissent les peurs et les phobies de la période œdipienne. L’enfant craint de dormir seul. Il imagine des loups, des voleurs, des sorcières cachés sous son lit ou derrière les rideaux.
Les phobies de l’enfant
Pendant la période œdipienne, elles sont tout à fait normales et même bénéfiques. C'est la durée et l'intensité de la phobie qui doivent alerter les parents. Lorsqu'une peur ne passe pas, qu'elle est disproportionnée par rapport au danger qu'elle représente, mieux vaut alors consulter. Qu'un enfant soit timide, c'est une chose. Mais qu'il ait peur des autres au point de ne plus vouloir aller à l'école, là, ça devient une maladie..
La période oedipienne
C’est un moment où l'enfant éprouve des sentiments complexes qui l'angoissent et le culpabilisent. Il craint de perdre l'amour de ses parents. Les peurs et les phobies viennent alors occuper une place très privilégiée dans sa vie puisqu'elles lui permettent de mettre ses sentiments ambigus à distance en les reportant vers un objet ou une situation concrète. Ces peurs deviennent nécessaires puisqu'elles évitent à l'enfant d'être envahi par une angoisse qui, sinon, pourrait le perturber gravement.
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