| Les contes de fées |
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| Écrit par Tétine | |
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Il était une fois ... une petite fille et un petit garçon qui adoraient s'asseoir avec leur maman, le livre de contes ouvert sur les genoux, pour rêver de princesses, de princes charmants et d'aventures. Un moment précieux! En effet, lorsque vous lui racontez une histoire, vous aidez votre enfant à retrouver des sentiments qu'il a éprouvés dans la vie quotidienne: l'amitié, la haine, la colère ou la joie. Pour qu'une histoire accroche vraiment l'attention de l'enfant, il faut non seulement qu'elle le divertisse et éveille sa curiosité, mais il est nécessaire qu'elle stimule son imagination, qu'elle l'aide à développer son intelligence et à voir clair dans ses émotions. Le pouvoir magique des contes de fées Blanche-Neige Boucle d'Or Cendrillon Le Petit Chaperon rouge La belle au bois dormant Le pouvoir magique des contes de féeVers 3 ans, le petit enfant aime les contes dont les héros sont des animaux et des objets, car à cet âge, il leur prête une âme et des sentiments. Ce pouvoir magique, cette toute-puissance, l'aident à accepter son manque de pouvoir dans la réalité. Ce n'est que plus tard qu'il pourra intégrer la notion de « pour de vrai» et « pour de faux ». L’enfant - parce que la vie lui semble souvent déroutante - a besoin qu'on lui donne une chance de se comprendre au sein du monde qu'il doit affronter. Il faut l'aider à mettre de la cohérence dans le tumulte de ses sentiments. A travers les contes de fées, il découvre les aspects du bien et du mal d'une manière non pas abstraite mais beaucoup plus tangible. Les contes de fées ont pour caractéristiques de poser des problèmes existentiels en termes brefs et précis. L’enfant peut ainsi, affronter ces problèmes plus facilement, alors qu'une histoire plus élaborée compliquerait la compréhension des notions éducatives et relationnelles qui s'en dégagent. Le conte de fées simplifie toutes les situations, et à la différence de toute autre forme de littérature, dirige l'enfant vers la découverte de son identité et lui montre ainsi par quelles expériences il doit passer pour développer son caractère. Le conte de fées procède d'une manière tout à fait adaptée à la façon dont l'enfant conçoit et expérimente le monde, et c'est pour cette raison que le conte lui paraît convaincant. Par ailleurs, il en tire plus de soulagement que de tous les raisonnements et idées par lesquels l'adulte essaie de le rassurer, car les contes de fées ont toujours une conclusion heureuse. Le bon l'emporte sur le mauvais. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles l'enfant fait confiance aux contes. Dans ces histoires, l'enfant est confronté aux sentiments ou situations qu'il connaît bien: la jalousie et la rivalité, le conflit avec ses parents, la naïveté et la nécessité de faire l'effort de grandir ... La jalousieL’un des meilleurs exemples de sentiments conflictuels résultant de la jalousie se retrouve dans Blanche-Neige des frères Grimm. A travers le caractère envieux de la belle-mère vis-à-vis de la princesse, l'enfant projette ce sentiment sur lui-même et en arrive à la conclusion que sa propre maman est jalouse de lui à cause de l'amour que lui porte son père, et ce, particulièrement chez les petites filles. De même, l'attention que se portent les parents entre eux provoque ce sentiment de jalousie car l'enfant estime que toute cette attention devrait lui être consacrée. Une manière imagée d'exorciser le conflit oedipien! La recherche d’identitéBoucle d'Or et les trois ours symbolise aussi ce sentiment récurrent chez l'enfant. Du point de vue de bébé ours, Boucle d'Or est l'intruse qui vient troubler l'ordre familial, comme l'enfant peut ressentir d'ailleurs la naissance d'un frère ou d'une soeur qui viendrait usurper sa place. Mais du point de vue de Boucle d'Or, bébé ours est le petit frère qui usurpe sa place: elle peut donc admettre son désir à elle de prendre la nourriture du cadet, de détruire sa chaise et même d'occuper son lit afin que le petit dernier n'ait plus sa place au sein de la famille. D'où cette mise en garde: il ne faut pas céder à la jalousie, au point de vouloir détruire ce qui appartient au frère ou à la soeur. Sinon on prend le risque de se retrouver dans le froid et complètement perdu, comme Boucle d'Or, qui saute par la fenêtre à la fin du conte. Autre image forte qui ressort de ce conte: la quête de l'identité. En effet, Boucle d'Or ne se dirige pas spontanément vers les affaires de bébé ours pour se les attribuer: elle essaie d'abord le lit (trop haut de la tête), la chaise (trop dure) et l'écuelle (trop chaude) de papa ours, puis de maman ours (trop haut du pied, trop douce, trop froide) et seulement après les affaires de bébé ours (tout à fait à son goût). En clair, elle rêve d'avoir l'autorité du père mais sait que c'est irréalisable, se rappelle le côté sécurisant de la mère (trop douce) mais n'a pas envie de s'y limiter (trop froide). Elle admet donc qu'il lui reste à endosser les effets de l'enfant, mais comme bébé ours est plus petit qu'elle, sa chaise casse sous son poids, ce qui illustre la nécessité d'admettre qu'elle a grandi. Boucle d'Or est donc aux prises avec une question grave: qui est-elle fondamentalement? Ni père, ni mère ni tout-petit: un être en devenir, différent de ses parents et différent du fait d'être seulement leur enfant. La rivalité fraternelleAucun conte de fées ne traduit mieux que Cendrillon les expériences vécues par le jeune enfant en proie aux affres de la rivalité fraternelle, quand il se sent surclassé par ses frères et sœurs. Tous les malheurs endurés par Cendrillon à cause de sa belle-mère et de ses demi-sœurs sont ressentis par l'enfant quand il est en proie à la rivalité fraternelle. Pris dans ce tourbillon de tourments, l'enfant considère difficilement la situation avec objectivité. Mais lorsqu'il a pris du recul, il sait reconnaître qu'en fait il n'est pas aussi maltraité que Cendrillon. Un enfant se sent souvent maltraité, bien qu'il sache que ce n'est pas vrai. C'est pourquoi il croit à la vérité foncière de Cendrillon, comme il croit à la délivrance finale et au triomphe de l'héroïne, donc au sien. Il tire de ce triomphe de grands espoirs pour l'avenir, dont il a besoin pour contrer sa détresse quand il est torturé par le sentiment d'être moins important que ses frères et sœurs. S'il est enfant unique, il peut aussi imaginer alors que son frère ou sa sœur potentiels pour¬rait être préféré par ses parents. Par ailleurs, le comportement des demi-sœurs et de la marâtre lui permet de justifier les mauvaises pensées qu'il peut nourrir à l'égard de ses frères et sœurs voire de ses parents. Il se sent donc moins coupable! Les dangers de la naïvetéLe Petit Chaperon rouge aborde quelques problèmes cruciaux que doit résoudre la petite fille, en proie aux tentatives d'un dangereux séducteur (le loup). Protégé par son cocon familial et malgré les recommandations de sa mère, l'enfant ne conçoit pas que le monde qui s'étend par-delà les limites de la maison familiale soit si menaçant. La mésaventure de l'héroïne du conte apprend à l'enfant qu'en faisant confiance au premier venu, on risque en réalité de tomber tout droit dans un piège, et que, si séduisante que soit la naïveté, il est dangereux de rester naïf toute sa vie. La psychanalyse va plus loin que l'enfant ne peut à cet âge le comprendre: Le Petit Chaperon rouge est en fait une mise en garde contre la pédophilie. La nécessité de grandir
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