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Il mord tout le temps! En général, on ne s'y attend pas. Les pleurs fusent, côté mordu, puis côté mordeur. Mais qu'est-ce qui lui a pris? Comment éviter qu'il recommence?
Un mordeur, Timéo ? Difficile à croire. À 17 mois, il ne parle pas encore beaucoup, mais il n'est pas du genre bagarreur. À la garderie, ses relations avec les autres sont tout à fait "normales", tantôt houleuses, tantôt pacifiques, sauf le matin, quand sa maman le quitte. Gare à celui ou celle qui passe alors à sa portée, Antonin le mord ... de rage! Une réaction intolérable, bien sûr, mais qui survient plus souvent qu'on ne le pense dans la petite communauté des bébés. «II s'agit en général d'enfants de 15-18 mois, qui marchent, vont à la crèche ou chez une nourrice, qui sont donc en interaction avec d'autres. Mais ils ne savent pas encore exprimer les sentiments d'amour et d'agressivité autrement que sur le mode de l'incorporation, de la "dévoration", qui est celui du bébé ». Faut-il en conclure que son enfant n'est pas encore prêt pour la socialisation? Ou, comme on l'entend parfois, se réjouir de son tempérament (après tout, il ne se laissera pas faire) ? Ou employer les grands moyens en le mordant à son tour, pour lui montrer que ça fait mal? Certainement pas. Des raisons personnelles légitimes D'abord, tous les mordeurs ne mordent pas pour les mêmes raisons. Timéo était frustré, désespéré que sa mère s'en aille. Pour Noa, 18 mois, le "coup de dents" est parti quand Camille lui a arraché des mains la voiture avec laquelle il jouait depuis un bon moment. Maëlys, elle, mord sa mère à chaque fois qu'elle est au téléphone, etc. Au lieu de se jeter sur le petit agresseur en lui criant qu'il est méchant, qu'il va être puni, tout seul dans son coin ... (ce qu'on a tous envie de faire spontanément), il vaut mieux commencer par dire: « Tu es en colère, tu as probablement de bonnes raisons, mais mordre, c'est interdit. » Le but n'est pas de culpabiliser l'enfant, de lui reprocher d'avoir des émotions, des sentiments, mais de lui apprendre à les exprimer autrement. C'est la première responsabilité des adultes, de comprendre et de légitimer les enfants dans leurs sentiments, et de les' aider à élaborer une réponse socialement acceptable. On n’est pas des crocodiles Mordre, c'est inacceptable, c'est interdit. Quelle que soit la cause de cet acte. Évidemment, cela aussi il faut le dire haut et fort. Avec des mots simples, des comparaisons marquantes. « Tu vois, tu es un être humain, et mordre, c'est des manières de loup, de crocodile. Tu n'es pas un crocodile. » Alors oui, il peut être furieux contre un camarade qui monopolise la balançoire Oui, il a le droit de se mettre en colère, de crier même que c'est son tour, mais mordre, non. Oui, elle peut être jalouse des beaux cheveux de son amie et vouloir la même chevelure, mais mordre son amie pour cela? Non! C'est un geste animal, cannibale. Le contraire de la loi humaine. Cette règle, même les plus petits sont parfaitement capables de la comprendre, à condition qu'on l'énonce sans ambiguïté. Dans le feu de l'action. Et plus au calme, autour d'une histoire (de loup, de course-poursuite, dans tous les cas adaptées aux moins de 3 ans) ou d'un jeu de marionnettes. Dire sa colère autrement En jouant avec ses parents, l'enfant peut réussir à mettre un peu d'ordre dans ses émotions, à les mettre en scène, puis à les évacuer. Mais il faut aussi lui donner des "billes", des conseils concrets, pour les canaliser face aux autres. Dans les cas de légitime défense, la première chose qu’il faut leur apprendre, c'est de dire: "Non, je ne suis pas d'accord !" avec des mots, en y mettant le ton de la voix, mais aussi avec tout leur corps: taper du pied, froncer les sourcils, crier. » En général, c'est efficace. Plus profondément, cet apprentissage permet de faire passer un message essentiel: le plus fort, ce n'est pas celui qui fait peur aux autres, mais celui que sait se faire entendre et respecter avec des mots. À court terme, la présence des adultes est indispensable, pour arbitrer, dénouer, répéter, rassurer, consoler ... bref, pour réguler ces toutes premières relations d'agressivité primaire. Peu à peu, on voit les plus grands prendre le relais, protéger un petit, encercler le mordeur... Et dans l'ensemble, plus les enfants sont causants, plus leur langage s'enrichit, moins l'incident est fréquent. Et si votre enfant est mordu Un jour ou un autre, vous découvrez sur le corps de votre enfant des traces violacées, à la cuisse, au bras, dans le dos. Pas de doute, il s’agit de morsures ! Comment faire pour qu ça s’arrête ? Prévenir immédiatement les personnes qui s’occupent de votre enfant, s’ils ne sont pas déjà au courant : c’est à eux de le protéger et de réguler l’agressivité entre petits. Parler avec les parents de l’agresseur, sans leur jeter la pierre, ni accuser leur enfant. Ensemble, chercher à comprendre ce qui se passe, découvrir les causes. C’est la seule façon de dénouer efficacement le problème. Apprendre à son enfant à se faire respecter. Quand il sent la menace, il peut crier très fort : « non, je ne suis pas d’accord ! » Il peut taper du pied, faire du bruit, montrer que lui aussi est en colère… Apprendre à exprimer clairement ses sentiments est aussi important que d’apprendre à respecter les autres. |