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Difficultés d'endormissement, refus d'aller se coucher, réveils nocturnes, cauchemars ... Les problèmes de sommeil des enfants stressent énormément les parents. Une fois les causes médicales écartées, il faut chercher du côté psy pour comprendre ce qui se passe. Voici quelques règles simples pour qu'il ait enfin des nuits paisibles.
N'exigez pas qu'il fasse ses nuits trop tôt C'est vers 3 mois qu'un bébé commence à faire de vraies nuits. Avant cela, il dort par période de trois-quatre heures, en fonction de son horloge interne. Son sommeil est essentiellement agité, parfois il ouvre les yeux, pousse des petits cris, fait des grimaces mais il ne faut pas intervenir, c'est normal. Toutes les mamans rêvent d'un "super nourrisson" qui serait réglé en rentrant de la maternité, mais en réalité 90 % des nouveau-nés se réveillent puisqu'il n'y a pour eux ni jour ni nuit! Voilà qui vous aidera à relativiser votre impression d'être seule à vivre ces moments difficiles ... Si votre bébé dort quatre à cinq heures d'affilée entre 1 et 2 mois, réjouissez-vous, c'est déjà très bien! Vers 3 mois, la vie d'un enfant s'organise généralement au rythme de 10 heures de sommeil nocturnes et 6 heures pour les siestes dans la journée. Mais cela peut mettre beaucoup plus de temps. Un seul conseil, soyez patiente et ne vous affolez pas! Ne vous laissez pas envahir par l'anxiété
Les premiers mois sont la période la plus exténuante pour une mère. Vous devez être entièrement disponible et efficace alors que vous êtes fatiguée, super émotive et fragilisée (physiquement et psychologiquement). S'ajoute souvent à cela la peur sous-jacente de la mort subite du nourrisson qui vous pousse à aller vérifier compulsivement si votre enfant dort, à écouter derrière la porte ... Les problèmes de sommeil du nouveau-né sont très souvent liés à la difficulté qu'éprouve sa mère à se séparer de lui. En clair, plus vous craignez qu'il arrive quelque chose de grave à votre enfant s'il n'est plus sous vos yeux et moins il va dormir, car il y a une transmission psychique entre vous et lui. Il ressent votre inquiétude et se réveille. Pour qu'un enfant puisse dormir tranquillement, sa mère doit accepter d'être séparée de lui sans anxiété, pour qu'il puisse se sentir en sécurité quand il dort seul, loin d'elle. Ne culpabilisez pas
Toute mère confrontée à un enfant qui dort mal se dit que c'est entièrement de sa faute! Plus vous êtes préoccupée, plus vous voulez réussir à le faire dormir du sommeil du juste, et moins vous y arrivez. C'est un cercle vicieux, il ne dort pas assez, il vous énerve, le ressent et ne se rassure pas. Résultat: il dort encore moins! Du coup vous culpabilisez, vous pensez mal faire, vous êtes persuadée d'être une mauvaise mère, vous angoissez encore plus et les troubles s'amplifient jour après jour. Seules la confiance en soi, la croyance en vos capacités d'être une bonne mère peuvent rompre cette spirale infernale. Si les consultations auprès de votre pédiatre ne suffisent pas, deux ou trois séances de psychothérapie peuvent aider à réguler cette interaction affective inadéquate.
Donnez-lui des repères temporels clairs
Pour aider votre bébé à faire la différence entre le jour et la nuit. Marquez bien ces deux temps de vie. Après l'avoir nourri à la demande les premières semaines, sachez le faire patienter entre les tétées. Donnez-lui ses repas à des heures régulières, calqués sur les horaires familiaux. A partir de 4 mois, il peut s'écouler de 6 à 8 heures entre le dernier biberon du soir et le premier biberon du matin. L’objectif est de supprimer les biberons de nuit. Adoptez des rythmes fixes pour les activités quotidiennes, la toilette, les jeux d'éveil, les siestes, les promenades ... Vivre selon des cycles réguliers permet au bébé d'acquérir une sécurité affective. Et c'est cette sécurité de base qui va lui permettre de bien dormir. Habituez-le à s'endormir seul
Les tout premiers temps, il n'est pas gênant qu'un bébé s'endorme dans les bras de sa mère car lui comme elle sont encore dans une relation fusionnelle. Mais s'endormir seul, de bon gré et en confiance, est un apprentissage indispensable qui débute tôt. C'est une erreur d'endormir votre enfant en le berçant ou en lui donnant une tétine car quand il se réveille au milieu de la nuit, il a besoin des mêmes moyens pour se rendormir ... Bonjour l'esclavage ! Dès que votre enfant manifeste l'envie de dormir (bâillements, paupières qui clignent, frottements des yeux, regard vague ... ), posez-le dans son lit, souhaitez-lui bonne nuit. Ensuite éteignez la lumière et partez. Ne restez pas l'oreille collée derrière la porte, ne revenez pas cinq minutes plus tard pour voir s'il dort. En restant à distance, vous serez moins tentée de casser le rythme de son sommeil en le prenant dans vos bras. Et si vous faites partie des mamans qui affirment: " Il ne peut s'endormir que dans mes bras, il ne peut se passer de moi!", il convient d'inverser la proposition, Et vous, est-ce vous pouvez vous passer de lui? Acceptez votre ambivalence
Les problèmes de sommeil de votre enfant peuvent être également le reflet de l'ambivalence que vous éprouvez à son égard. Ce bébé tant attendu, désiré, choyé ne vous apporte pas le ben heur et la plénitude escomptés. Au lieu d'être sur un petit nuage, vous êtes harassée, démunie et prisonnière de ce petit être qui refuse de dormir, pleure et qui vous "bouffe" l'existence. Rassurez-vous, toutes les mères éprouvent par moments des sentiments de déception et d'agressivité envers leur enfant et mettent du temps à prendre confiance en elles. Quand vous êtes énervée, quand vous n'en pouvez plus, n'hésitez pas à confier votre enfant à une nounou ou sa grand-mère pendant quelques heures. Sortez vous promener, voyez des amies, allez au cinéma, prenez du temps pour vous, Votre enfant percevra votre sentiment de bien-être et de sérénité retrouvée, et s'endormira plus paisiblement et plus longtemps. Installez-le dans son lit et sa chambre le plus tôt possible
Rien n'empêche de coucher un nouveau-né dans sa propre chambre en rentrant de la maternité mais de nombreux parents préfèrent mettre le lit de leur bébé dans la même pièce qu'eux les premiers mois. A 3-4 mois, un enfant est physiologiquement capable de faire ses nuits et il est grand temps de l'installer dans sa chambre, si ce n'est déjà fait. S'il dort dans la vôtre ou pire dans votre lit passé 3 mois, son sommeil est perturbé, brouillé par votre présence, votre odeur, vos mouvements qui peuvent avoir des incidences non négligeables. Même s'il dort, ses sens sont en activité, son sommeil est moins profond et si vous bougez, il se réveille. Ces conditions sont loin d'être idéales pour pouvoir bénéficier d'un sommeil réparateur ... Laissez-le pleurer sans stresser
Entre 3 et 5 mois, on arrive facilement à coucher un bébé pour qu'il s'endorme seul. C'est entre 6 et 8 mois que généralement les difficultés commencent. I.:enfant prend conscience de la séparation entre lui et sa maman. Du coup il pleure au coucher. Si votre bébé pleurniche un peu au moment de la séparation du soir, laissez-le seul et il s'endormira. S'il se réveille entre deux cycles de sommeil, surtout n'intervenez pas et il se rendormira. En revanche, s'il pleure beaucoup, hurle à cause d'un cauchemar, il faut aller le sécuriser sans toutefois le sortir de son lit. Montrez-vous rassurante mais ferme. Il n'y a pas de réponse standard à la question: « Combien de temps je le laisse pleurer? », demandez-vous plutôt « Combien de temps je supporte de l'entendre pleurer ? » Cherchez dans son quotidien ce qui peut le perturber
La qualité du sommeil de votre enfant traduit la qualité de ce qu'il vit dans la journée. Chaque fois qu'il acquiert une nouvelle compétence (le sevrage, la marche, la propreté, le langage ... ), chaque fois qu'un changement important se produit dans sa vie (déménagement, nouvelle nounou, entrée en crèche ... ), ce qui se dérègle en premier, c'est le sommeil. Exactement comme nous, quand on a un problème d'argent ou de boulot, on souffre d'insomnie! Les troubles du sommeil peuvent aussi révéler un problème relationnel. Par exemple, un petit dont la mère travaille et qui n'a pas son comptant de "maman" fera tout pour la retenir près de lui au moment du coucher. La dynamique familiale peut aussi être en cause. S'il sent des tensions, en particulier dans le couple de ses parents, s'il assiste à des disputes, ce qu'il a entendu peut très bien le perturber et le réveiller. Jusqu'à l'entrée à l'école maternelle, 60 % des enfants se réveillent la nuit. Ces épisodes sont généralement transitoires et liés à son développement psychologique. Ne vous laissez pas manipuler au moment du coucher
Le sommeil est un besoin et devrait être un plaisir, pas une punition. Entre 6 mois et 1 an, un bébé acquiert le sommeil adulte avec des phases de sommeil paradoxal en deuxième partie de nuit et de sommeillent (celui du repos) en première partie de la nuit. Voilà pourquoi il est bon de le coucher vers 20 h 30 jusqu'à la fin de l'école maternelle. S'il refuse d'aller se coucher, soyez ferme. Hormis le week-end où il peut veiller un peu plus tard, obligez-le à respecter les horaires et à s'installer dans son lit, même s'il ne s'endort pas tout de suite. Les règles et les rituels d'endormissement sont essentiels pour sa sécurité affective. Parlez-lui, chantez une berceuse, racontez-lui une histoire ou deux (pas trente-six), faites-lui un câlin, des bisous, allumez au besoin une veilleuse, dites-lui bonsoir et quittez sa chambre. Pouvoir coucher votre enfant même s'il pleure après les rituels d'usage lui apprend à accepter la séparation sans anxiété, à comprendre qu'on est avec lui même si on n'est pas à ses côtés. Les couchers qui s'éternisent signifient que vous n'êtes pas à l'aise avec la séparation. Ses pleurs vous font souffrir parce que vous avez du mal à faire la part des choses entre ce qu’il ressent et ce que vous ressentez. N'hésitez pas à en parler au pédiatre lors des consultations de votre enfant. Appelez S.O.S.PAPA!
Donner sans se perdre, tout le problème est là. Si vous n'êtes jamais relayée, vous vous perdez et vous devenez très vite l'esclave de votre bébé ... Le paradoxe c'est que même épuisée, vous avez difficilement le courage de ne pas revenir le prendre dans vos bras s'il pleure en pleine nuit. C'est précisément là où son père peut intervenir. Pour lui c'est plus simple de se lever, d'aller consoler durant cinq minutes son enfant, de le recoucher et de lui dire: « C'est terminé, maintenant tu dors. Je ne reviendrai pas » Ne le laissez pas investir votre lit conjugal
A 15-20 mois, il n'est pas rare qu'un enfant demande à s'endormir dans le lit des parents ou qu'il les rejoigne en pleine nuit parce qu'il sait sortir de son lit. La perspective de se retrouver seul et le noir de la nuit lui font peur. En plus, il n'accepte plus d'être exclu des activités du reste de la famille et teste le couple parental. Pour l'aider à surmonter sa peur, le père doit jouer son rôle de tiers séparateur dans la fusion mère-enfant. Après le rituel du coucher, il peut dire avec tendresse mais fermement: " Maintenant, tu dors dans ton lit. Ta maman et moi avons besoin de dormir la nuit. Nous sommes fatigués, tu ne dois pas nous déranger. Nous sommes à côté et nous nous retrouverons demain matin." S'il comprend qu'aucune négociation n'est possible, il cessera ses tentatives d'invasion du lit parental. Bien entendu, ce principe peut être transgressé s'il a une poussée de fièvre ou s'il fait un cauchemar particulièrement angoissant. Mais en précisant que c'est exceptionnel et temporaire. Ne minimisez pas l'importance des siestes Si votre enfant fait partie de ceux qui ne veulent plus entendre parler de la sieste à 2 ans, montrez-vous intraitable. Jusqu'à 4 ans, 4 ans et demi, un petit a un besoin vital de faire une pause-sieste l'après-midi (à partir d'1 an, il n'a plus de sieste le matin) ... Elle n'a pas besoin d'être longue, les plus grands peuvent s'allonger et juste se reposer sans dormir. N'ayez pas peur qu'il dorme moins bien le soir à cause de la sieste, au contraire. Ceux qui zappent la sieste sont tellement épuisés et excités le soir, qu'ils ont un mal fou à se coucher. Attention, vous réussirez à persuader votre récalcitrant uniquement si vous êtes intimement convaincue que le sommeil est bon pour lui et si vous ne vivez pas cette séparation comme du temps perdu! Certains adultes vivent inconsciemment le sommeil comme un abandon et répugnent à infliger cette dure épreuve à leur enfant. Au moindre pleur, ils accourent et lui font perdre ainsi le goût de la sieste. Rassurez-le quand il fait des cauchemars La période des mauvais rêves débute aux alentours de 3 ans. Faire des cauchemars n'a rien d'anormal ou d'inquiétant, au contraire ils sont le signe d'une maturation et d'une évolution. Comme les autres rêves, ils peuvent être la réalisation d'un désir inconscient ou un moyen d'évacuer des tensions vécues dans la journée. Le meilleur moyen d'aider votre enfant à surmonter ces mini-traumatismes, c'est de lui demander de vous les raconter et de dessiner les affreux personnages qui terrorisent ses nuits (inutile de les interpréter ou pire de les ignorer). Il faut s'inquiéter uniquement s'ils deviennent récurrents, s'ils entraînent une peur systématique de s'endormir ou s'ils s'accompagnent d'un changement de caractère, de tristesse, de perte d'appétit. Ne l'utilisez pas comme un polochon Quand il y a des problèmes dans le couple, il n'est pas rare que les mamans soient ravies que leur enfant vienne dormir avec elles. Certaines vont même jusqu'à demander au papa d'aller dormir ailleurs ... Le petit devient alors un objet de plaisir, et à partir de 3 ans, cette trop grande proximité se rapproche de conduites incestuelles (et non pas incestueuses puisqu'il n'y a pas de passage à l'acte). Un enfant n'est pas là pour servir de polochon à ses parents, et même si c'est lui qui en fait la demande, il répond davantage au besoin de l'adulte qu'au sien. Dans les deux premières années, les troubles infantiles du sommeil sont souvent liés à la difficulté qu'ont certaines mères à se détacher de leur petit. A partir de 2 ans, les troubles infantiles du sommeil sont plutôt liés à des conflits dans le couple parental. Si ça dure, n'hésitez pas à consulter
Il y a plusieurs signes qui peuvent vous alarmer et vous pousser à consulter votre pédiatre. Si votre enfant dort bien d'habitude et se réveille soudainement la nuit en pleurant, il peut s'agir d'une otite ou d'une autre maladie infantile à traiter rapidement. Même s'il n'a pas de fièvre, de rhume ou d'autre symptôme mais qu'il dort mal plus de quinze jours, mieux vaut consulter. L'autre indice réside dans l'intensité. Si vous avez l'impression qu'il ne dort presque pas, si le trouble du sommeil s'accompagne d'un manque d'appétit, de troubles de la digestion (constipation, diarrhée, régurgitations), d'un changement de caractère, n'hésitez pas à demander l'avis d'un spécialiste. De même si vous n'en pouvez plus, avez le sentiment d'avoir tout essayé sans résultat et si la vie de toute la famille est perturbée par le manque de sommeil de votre tout petit. Il arrive fréquemment que les troubles importants du sommeil de l'enfant soient le symptôme d'une dépression maternelle. Là encore, un médecin pourra détecter s'il existe chez la maman une déprime du post-partum non traitée. Tout problème de sommeil a sa solution, tout peut rentrer dans l'ordre, tout enfant peut dormir correctement, à condition de se faire aider. |